jeudi 10 août 2017

Fangirl

Autrice : Rainbow Rowell
Editeur : Castelmore
Parution : Février 2015
Pages : 507

Résumé :

Cath est fan de Simon Snow.
Okay, le monde entier est fan de Simon Snow...

Mais pour Cath, être une fan résume sa vie - et elle est plutôt douée pour ça. Wren, sa soeur jumelle, et elle se complaisaient dans la découverte de la saga Simon Snow quand elles étaient jeunes. Quelque part, c'est ce qui les a aidé à surmonter la fuite de leur mère.
Lire. Relire. Traîner sur les forums sur Simon Snow, écrire des fanfictions dans l'univers de Simon Snow, se déguiser en personnages pour les avant-premières de films.
La soeur de Cath s'est peu à peu éloignée du fandom, mais Cath ne peut pas s'en passer. Elle n'en éprouve pas l'envie.

Maintenant qu'elles sont à l'université, Wren a annoncé à Cath qu'elle ne voulait pas qu'elles partagent une chambre. Cath est seule, complètement en dehors de sa bulle de confort. Elle partage son quotidien entre une colocataire hargneuse qui sort malgré tout avec un mec charmant et toujours collé à ses bottes, son professeur d'écriture inventée qui pense que les fanfictions annoncent la fin du monde civilisé, et un camarade de classe au physique alléchant qui a la passion des mots...
Mais elle ne peut s'empêcher de s'inquiéter à propos de son père, aimant et fragile, qui n'a jamais vraiment été seul.

Pour Cath, la question est : va-t-elle réussir à s'habituer à cette nouvelle vie ?
Peut-elle le faire sans que Wren lui tienne la main ? Est-elle prête à vivre sa propre vie ? Ecrire ses propres histoires ?
Et veut-elle vraiment grandir si c'est synonyme d'abandonner Simon Snow ?

 
Mon avis :

Deux ans. Fangirl est dans ma pile à lire depuis deux ans et je ne l'ai sorti que cette semaine. Il faut dire que j'en ai entendu tellement de bien que j'ai eu un peu peur d'être trop influencé et que ça gêne ma découverte. J'ai donc attendu de sentir le bon moment, et il s'est présenté.

Cath et sa jumelle Wren sont fans de Simon Snow, une série de romans qui font clin d'oeil à Harry Potter, avec un jeune garçon, une école de magie, un rival nommé Baz... Cath a commencé à écrire de la fanfiction sur cet univers depuis quelques années et s'est fait un nom sur la toile sous le pseudo de Magicath. Son projet, commencé il y a deux ans et nommé Carry On, attire les lecteurs en manque d'aventures du jeune sorcier dont le huitième tome, officiel, sort dans quelques mois. La rentrée approche et les soeurs entrent à l'université. Wren ne désire pas partager de chambre avec sa soeur, et celle-ci se retrouve alors chez Reagan, une étudiante froide et quelque peu distante. Elle rencontre aussi son compère Lévi au sourire rayonnant. Il est temps pour Cath de grandir, mais comment va-t-elle conjuguer l'écriture de sa fanfiction et ses études ? Et que dire du comportement de sa soeur, de plus en plus inquiétant ?

Cath est un personnage fort peu social, qui préfèrera rester dans sa chambre à écrire plutôt qu'aller à une fête et voir du monde. Et j'avoue que je me suis pris de sympathie pour elle, car quelque part je m'y suis reconnu. Elle a réussi à me toucher en assez peu de temps, même si je l'ai trouvée parfois un tout petit peu trop pleurnicheuse. Mais le personnage évolue tout au long du livre, et j'étais très satisfait de sa progression. Les autres personnages ne manquent pas de sel, comme Lévi, que l'on peut résumer à un rayon de soleil, un personnage très chouette que j'ai aussi beaucoup apprécié. Reagan, la copine de chambre, est un peu le contraire de Cath, plus dure dans ses paroles, moins renfermée, mais elle a quand même bon fond et il est difficile de ne pas l'apprécier. Il y a aussi Nick, qui deviendra partenaire d'écriture avec Cath, ou encore le père des jumelles, qui se noie dans le travail pour oublier la souffrance de la séparation d'avec sa femme lors d'un certain 11 septembre...

L'écriture de Rainbow Rowell est fluide et addictive. Elle m'avait déjà conquis avec Eleanor & Park (lu avant l'ouverture de ce blog) et elle réitère avec Fangirl. Elle prend le temps de poser toutes ses bases et développe tranquillement son histoire et on entre dedans délicatement, on y reste comme dans un bain chaud duquel on ne veut pas sortir.

J'ai beaucoup aimé cet univers tournant autour de la fanfiction. Je n'en lis pas spécialement, mais je partage l'engouement que ces œuvres peuvent apporter aux fans d'une création particulière. Rainbow le retranscrit assez bien d'ailleurs, notamment avec l'attente du fameux dernier tome des aventures de Simon Snow. En parlant de lui, sachez qu'entre chaque chapitre se trouve un extrait soit d'un des livres de Simon, soit d'une fanfiction écrite par Cath. Un élément qui ne plaira pas à tout le monde (et je l'avoue, j'avais un peu peur que ça ne me plaise pas) mais j'ai trouvé que c'était utile pour se faire une idée de ces écrits et des personnages dont parlent Cath et ses amis. Je serais même curieux de lire de "vrais" livres Simon Snow...

Fangirl, c'est ce petit plaisir sucré qui nous fait du bien et dont on ne veut pas voir venir la fin. Fangirl, c'est un coup de coeur pour moi. Je ne regrette pas ma lecture et je pense que je vais même passer directement sur Carry On, pour découvrir un peu plus les aventures de Simon Snow, écrites par Rainbow Rowell cette fois.


dimanche 6 août 2017

A la croisée des mondes, tome 3 : Le miroir d'ambre

Auteur : Philip Pullman
Editeur : Folio Junior
Parution : 2007
Pages : 638

Résumé :

Lyra, l'héroïne des Royaumes du Nord et de la Tour des Anges, est retenue prisonnière par sa mère, l'ambitieuse et cruelle Mme Coulter qui, pour mieux s'assurer de sa docilité, l'a plongée dans un sommeil artificiel. Will, le compagnon de Lyra, armé du poignard subtil, s'est lancé à sa recherche, escorté de deux anges, Balthamos et Baruch. Avec leur aide, il parviendra à délivrer son amie. Mais, à son réveil, Lyra lui annonce qu'une mission encore plus périlleuse, presque désespérée, les attend : ils doivent descendre dans le monde des morts...

Mon avis :

Pour lire ma chronique du premier tome et celle du deuxième tome, cliquez dessus !

Voilà, ça y est, j'ai terminé la trilogie phare de Philip Pullman, un peu plus d'un an après l'avoir commencée...Et quelle aventure ! Je ne sais pas par quoi commencer.

Bon, le topo est simple. Lyra est détenue par sa mère, Lady Coulson, qui la maintient dans un sommeil artificiel. Will, le jeune garçon rencontré dans le tome précédent, se lance à sa recherche, aidé par deux anges, Balthamos et Baruch. Lord Asriel continue ses préparatifs et une nouvelle menace plane sur la vie de la jeune fille. Celle-ci comprend, durant son sommeil, qu'une nouvelle mission s'ouvre à elle, consistant à pénétrer dans le royaume des morts et retrouver Roger, son jeune ami qui a perdu la vie à la fin du premier tome.

Malgré un début qui m'a semblé un peu long (ce fait s'explique par la mise en place de nombreux éléments), j'ai dévoré cette nouvelle aventure. Imprévisible et remplie de rebondissements, elle m'a ébouriffé jusqu'à la dernière ligne. L'auteur est même parvenu à me faire douter sur le "camp" auquel appartiennent certains personnages, ainsi que sur la justesse (ou non) de leurs actions. Lady Coulter s'est révélée sous un nouveau jour à mes yeux, et ce de façon limpide et naturelle.

Et non content de creuser davantage l'univers que nous connaissions déjà, Philip Pullman se permet d'en ajouter de nouveaux, dotés chacun de leurs propres règles et leur fonctionnement particulier ! Sans parler des nouvelles créatures, tout à fait fascinantes, qui peuplent le monde dans lequel se retrouve Mary Malone, la scientifique rencontrée dans la précédente histoire.

Chaque personnage rencontré durant ces trois aventures remplira son rôle jusqu'au bout. Chaque élément introduit aura son importance, grande ou petite, rien n'est oublié. Le grand climax est à couper le souffle, et n'a pas manqué de me tenir en haleine. Et cette fin... cette fin !! J'ai eu le coeur brisé. Belle, triste, cruelle mais pourtant optimiste, c'est ainsi que je peux la résumer.

Je n'ai pas envie de révéler trop de choses sur cet opus car il faut le lire, que dis-je le vivre et le déguster. A la croisée des mondes n'a rien à envier aux plus grandes sagas littéraires, et je suis impatient de lire la trilogie dont la sortie du premier tome est imminente. Coup de coeur pour ce tome mais surtout pour cette formidable trilogie, que je relirai avec plaisir dans les années à venir. Merci M.Pullman.


samedi 29 juillet 2017

Abzû


Abzû est un jeu-vidéo sorti en été 2016 sur Playstation 4, Xbox One et PC. Le jeu a été développé par Giant Squid sur une période de trois ans. D'ailleurs, des membres du staff ayant travaillé sur le merveilleux "Journey" sont allés travailler sur ce jeu.

Mais de quoi parle-t-il ? Hé bien... vous êtes libres de tout interpréter. En effet, il n'y a pas de scénario à proprement dit. Vous dirigez une plongeuse dans un immense océan et c'est à vous de trouver votre but et votre chemin. Bien entendu, il y a des choses à faire, pour encourager les joueurs à progresser. Ainsi, au fil de votre exploration, vous découvrirez des orbes d'énergie à activer pour redonner vie à certaines parties de l'océan et raviver la faune et la flore locale. Cette énergie a été drainée par des drônes de forme pyramidale, que vous devez défaire. Vous trouverez aussi, sur votre chemin, des statues d'une civilisation antique (assez inspirée de la mythologie Sumérienne et du mythe de l'océan cosmique) qui vous permettront de faire une pause méditation et d'observer les créatures sous-marines des alentours, qui sont nommées, offrant un petit coté ludique fort bienvenu. Il y a aussi des poissons à délivrer et des coquillages à retrouver, donnant davantage l'envie d'explorer les décors.

Et parlons-en, des décors. Je suis resté scotché à l'écran durant toute ma partie tellement j'étais admiratif. Les couleurs explosent et donnent une ambiance spécifique à chaque endroit visité. Il y a aussi un coté stylisé dans ce jeu. Nous ne sommes pas dans un aspect réaliste, mais plutôt dessin-animé, et ceci couplé aux couleurs éclatantes donne vraiment une touche fantastique à l'univers d'Abzû. On sent qu'il y a eu énormément de recherches chez les développeurs et on a presque l'impression de faire un avec la nature. Une nature virtuelle certes, mais qui donne envie de se trouver au milieu de ce théâtre de vie et d'admirer.

L'ambiance musicale est tout aussi réussie. Chaque musique accompagne parfaitement les événements du jeu. Tantôt sereines, tantôt dynamiques, l'écoute des musiques est un plaisir, même en dehors du jeu.

Aussi, il n'est pas nécessaire d'être un grand habitué des jeux-vidéos pour accéder à Abzû. Les contrôles sont simples, trois touches suffisent pour vous lancer dans l'exploration de cet univers extraordinaire. De plus, vous ne faites pas que nager, vous pouvez aussi vous accrocher à certains grands poissons pour explorer d'une façon un peu différente, et il y a quelques phases se déroulant hors de l'eau. Mais vous vous en doutez, ce sont les phases sous-marines qui sont les plus importantes, et je vais me répéter, mais c'est un véritable plaisir de nager dans les eaux de cet océan gigantesque. Il y a un aspect onirique et poétique à nager dans ce monde, une sensation que l'on retrouve dans des jeux comme NiGHTS into Dreams (un jeu sorti sur la Saturn de Sega) et dont je ne me lasse pas.

Abzû est une pépite du jeu-vidéo, une ode à la nature et à la vie sous-marine et un véritable voyage merveilleux et onirique dans le monde des profondeurs. Le jeu est un peu court (deux heures au maximum) mais une seule partie ne suffit pas à tout voir. Je ne regrette absolument pas cet achat, chaque centime est amplement mérité. Coup de coeur, bien entendu !




vendredi 28 juillet 2017

Springald

Auteur : Kazuhiro Fujita
Editeur : Ki-Oon Seinen
Parution : Septembre 2016
Pages : 248

Résumé :

Au cœur de Scotland Yard, le Black Museum conserve secrètement les pièces à conviction des enquêtes liées aux pires criminels du pays, dont le mystérieux Jack Talons-à-Ressort…

Londres, 1837. Un monstre aux jambes immenses, à la bouche en feu et aux griffes acérées apparaît la nuit pour déchirer les vêtements d’innocentes jeunes filles avant de s’enfuir en sautant de toit en toit, ne laissant derrière lui que l’écho d’un rire aigu aux accents de folie… Son surnom : Jack Talons-à-Ressort !

Le criminel disparaît de lui-même au bout de six mois… avant de refaire la une des journaux trois ans plus tard. Mais cette fois, pour meurtre ! Ce qui avait des allures de farce a pris un tour macabre : les victimes, toutes des femmes, sont retrouvées éventrées... L’inspecteur James Rockenfield, connu pour ses méthodes d’investigation brutales, s’est juré de mettre la main sur l’insaisissable Jack. Hélas, l’enquête se corse lorsque les indices le mènent aux portes du manoir d’un des nobles les plus fortunés du pays…

Kazuhiro Fujita revisite avec brio le mythe de Jack Talons-à-Ressort, une des légendes urbaines les plus populaires de l’Angleterre du XIXe siècle ! Entre faits réels, dark fantasy et steampunk, laissez-vous entraîner dans l’univers sombre du premier récit de la collection “Black Museum” !


Mon avis :

Kazuhiro Fujita fait partie de ces mangakas que j'adore. Je vous ai déjà parlé plus d'une fois de son extraordinaire série Moonlight Act (foncez dessus !!!) d'ailleurs. A présent, l'éditeur Ki-Oon sort une autre série de l'auteur, The Black museum.

Springald est un one-shot qui revient sur une légende oubliée du XIXe siècle, celle du Spring-heeled Jack, autrement dit Jack Talons-à-ressort. Doté d'une ambiance sombre, ce manga pour adulte se révèle passionnant et haletant ! L'enquête visant à découvrir qui se cache derrière le masque de Jack déborde de rebondissements en tous genre. Surtout lorsque les actions de Jack Talons-à-ressort, qui pouvaient être assimilées à de simples farces, deviennent plus violentes, apportant son lot de cadavres. Est-ce le même Jack qu'il y a trois ans ?...

La mise en scène est très dynamique mais surtout, les dessins de Fujita sont toujours aussi bons, expressifs et complètement dingues et les scènes d'action sont à couper le souffle. J'ai retrouvé toutes les qualités que j'avais appréciées dans Moonlight Act dans ce manga, pour mon plus grand plaisir. C'est simple, je l'ai lu d'un trait tellement j'étais accroché dedans. Ce mec est un génie, un artiste qui possède un talent immense en dessin, mais aussi en composition et en cadrage. Son travail m'inspire énormément.

Sachez aussi qu'il y aura une autre histoire dans la série The black museum, qui s'appellera Ghost and the lady, en deux tomes, dont le premier est paru chez le même éditeur le 27 avril dernier, et que je lirai assez vite. Une histoire qui reviendra sur la légende urbaine de l'homme en gris, célèbre fantôme du théâtre londonien de Drury Lane ayant sévi durant plus de cent ans...


samedi 22 juillet 2017

Les Outrepasseurs, tome 3 : Le libérateur

Autrice : Cindy Van Wilder
Editeur : Gulf Stream
Parution : 2015
Pages : 347

Résumé :

Un terrible hiver s'abat sur la Grande-Bretagne. Peter, qui a été sauvé par Arnaut, se retrouve seul, car le Chasseur et le lion d'Arnaut sont affectés par la disparition de la magie. Arnaut tombe dans un coma profond, auquel il semble n'y avoir aucune solution. Jusqu'à ce que Peter comprenne que le sous-sol de Lion House regorge de ressources cachées...

Mon avis :

Voici enfin la troisième aventure de Peter et des Outrepasseurs, une saga que j'ai commencée il y a un an environ et que j'aime savourer. Bon, comme vous vous en doutez, je risque de spoiler un peu, donc si vous n'avez pas lu les premiers tomes, ouste !

Ce qui est bien avec l'écriture de Cindy, c'est qu'elle a cette facilité à nous embarquer dans ses histoires en quelques lignes. Et son univers, teinté de magie sur fond de contes, ça me parle, ça me plait. Je ne connais pas sa recette, mais je souhaite qu'elle continue à la cuisiner comme ça, car jusqu'ici je n'ai aucune déception !

Le seul hic que j'ai eu avec ma lecture, c'est que j'étais un peu perdu avec le nom de certains personnages. C'est de ma faute car j'ai laissé passer un peu trop de temps depuis ma lecture du tome 2, mais au bout de quelques chapitres, j'ai réussi à remettre de l'ordre dans mon petit cerveau. Mais sinon, je suis bien revenu dans cet univers si particulier, j'ai retrouvé cette délicatesse, cette force que j'avais déjà ressentie auparavant.

Et cette fin, poétique, belle, puissante. Il est peu courant qu'un auteur arrive à offrir une fin vraiment satisfaisante à son œuvre, mais n'ayez crainte, Cindy le fait avec brio. J'étais triste et content à la fois. De plus, à chaque début de chapitre se trouve un morceau d'une histoire parallèle tout aussi plaisante à suivre. Et une fois que tout se rejoint, on comprend, on saisit tout de l'histoire des Outrepasseurs et des fés, tout est logique. Ces trois tomes se complètent, mais sachez qu'un quatrième - et dernier - tome est paru il y a peu, tome que j'ai déjà en ma possession.

Les Outrepasseurs est une saga à l'histoire complexe et bien ficelée, agrémentée de personnages incroyables, et qui saura vous accrocher durant des heures. Le talent de Cindy Van Wilder n'est plus à prouver et j'attends avec impatience ses prochains écrits. Coup de coeur, de nouveau !


mercredi 19 juillet 2017

Ça aussi, ça passera

Autrice : Milena Busquets
Editeur : Gallimard/Folio
Parution : 2015/ 6 avril 2017 (poche)
Pages : 192

Résumé :

C'est l'été, la saison préférée de Blanca. Après le décès de sa mère, elle quitte Barcelone pour s'installer dans la maison de vacances familiale de Cadaqués. Sur cette terre riche des souvenirs de son enfance, sous le soleil de la Méditerranée, elle cherche l'apaisement. Mais elle ne part pas seule, une troupe disparate et invraisemblable l'accompagne : ses deux ex-maris, les fils qu'elle a eus d'eux, ses amies Sofía et Elisa, son amant Santi et, bien entendu, sa mère défunte, à qui elle ne cesse de parler par-delà la mort, tant cette disparition lui semble difficile et inacceptable. Les baignades, les promenades en bateau et les siestes dans le hamac vont se succéder, tout comme ces longs dîners estivaux au cours desquels les paroles s'échangent aussi facilement que les joints ou les amours. Les souvenirs affleurent alors, faisant s'entrelacer passé et présent. Blanca repense à cette mère fantasque, intellectuelle libre et exigeante, qu'elle a tant aimée et tant détestée. Elle lui écrit mentalement une lettre silencieuse et intense dans laquelle elle essaie de faire le bilan le plus honnête de leur relation douloureusement complexe. Elle lui dit avec ses mots tendres, drôles et poignants que face à la mort elle choisit l'élégance, la légèreté, la vie. Elle lui dit qu'elle choisit l'été et Cadaqués car elle sait que ça aussi, ça passera.

Mon avis :

J'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat sur Livraddict, en collaboration avec les éditions Folio, et je les en remercie.

Le pitch m'a beaucoup plu, il m'envoyait l'idée qu'on allait parler de reconstruction, d'amitié et de découverte. J'en ai eu un peu, mais au final ce roman m'a surpris de par son propos et son écriture.

Blanca a donc perdu sa mère. Leur relation n'était pas parfaite, on peut parler d'amour-haine. Pourtant, ce décès a un impact fort sur l'héroïne, et tout le livre est une sorte de lettre qu'elle adresse à sa défunte mère, un peu comme une lettre d'adieu. Un moyen comme un autre de passer ce cap difficile, pour se vider l'esprit, pour revivre certains souvenirs et parler d'événements passés ou présents et de choix de vie. Et pour Blanca, un autre moyen de traverser cette épreuve est de mener une vie frivole, emplie de séduction et de sexe.

Le problème, c'est que Blanca se comporte comme une adolescente capricieuse, une princesse trop gâtée, qui laissera de coté ses amis et ses enfants pour paresser ou encore passer des moments intimes par-ci par-là, et ira jusqu'à flirter avec le copain de l'une de ses amies... et ça ne l'a pas trop fait avec moi. Je l'ai trouvée insupportable et irresponsable. Tout doit se centrer sur sa personne, et ça l'a fait au point où j'ai fini par ne plus trop m'y retrouver dans le nom des personnages qui l'entouraient, entre ses enfants, ses ex-maris et autres conquêtes. C'est vraiment dommage car j'aurais aimé explorer plutôt d'autres voies, et voir Blanca se redresser, taper du pied et repartir de plus belle.

La plume de l'autrice est agréable et nous fait voyager dans différents paysages d'Espagne. Cependant, j'ai trouvé qu'elle s'attardait parfois trop sur des descriptions pas toujours utiles et alourdissant ma lecture. Le livre est néanmoins court et se lit donc assez vite.

Une petite déception, due à une héroïne trop égoïste et attachante et qui n'évolue pas. C'est dommage car l'idée de base est prometteuse.

mardi 18 juillet 2017

Apprentie sorcière, tome 1

Auteur : James Nicol
Editeur : Gallimard Jeunesse
Parution : 30 mars 2017
Pages : 416

Résumé :

Arianwynn, 15 ans, apprentie sorcière, est engagée par le maire de Lull. Les habitants l'attendent de pied ferme pour combattre les esprits maléfiques. Chasser des morvillards de la cuisine des voisins, défendre son amie Sally contre un dangereux rampeur : les missions ne manquent pas ! Mais, malgré l'œil bienveillant de Mme Delafield, sa tutrice excentrique, rien ne se passe comme prévu : une force mystérieuse perturbe ses sorts... Les premiers pas fracassants d'une héroïne gaffeuse et déterminée dans un village bordé d'une forêt enchantée.

Mon avis :

Après avoir relu le premier tome de la saga Harry Potter, j'avais envie de rester dans un univers à base de sorcellerie et de mystères avec une ambiance bon enfant, et c'est sans hésitation que je me suis tourné vers Apprentie sorcière, qui promettait de m'offrir ce que j'en attendais. Et vous savez quoi ? Je n'ai pas été déçu du tout !

L'univers proposé par James Nicol est intéressant : la magie et les sorcières sont connus des gens lambdas, et les services de ces dernières sont requis dans les différentes villes et villages des Quatres Royaumes. Il existe également des écoles qui forment de jeunes sorcières, et une fois leurs études terminées, elles doivent servir leur communauté durant vingt ans pour ensuite être nommées doyennes et pouvoir former d'autres apprenties.Quinze doyennes forment le Conseil des doyennes, qui gouvernent alors les sorcières de Hylund, Conseil dirigé par une doyenne supérieure.

Arianwyn, notre héroïne, est l'une de ces apprenties en fin de cursus. Lors de la cérémonie d'évaluation, la machine qui devait jauger ses compétences a eu un problème et la jeunne fille se voit remettre un badge de bronze en forme de lune, alors que les sorcières qui réussissent en reçoivent un en argent et en forme d'étoile. Malgré cet apparent échec, elle tente de garder la tête haute, surtout face à sa rivale Gimma, et se voit transférée au village de Lull pour y travailler ses capacités magiques. Ici, point de baguette magique, la magie s'utilise à l'aide de glyphes à dessiner du bout des doigts, les quatre principales représentant les éléments de l'eau, du feu, de la terre et de l'air, avec en plus une glyphe pour créer une boule d'énergie et une autre servant à bannir les créatures dans les ténèbres. Mais n'y a-t-il vraiment que ces glyphes-là ?...

Oui, j'ai beaucoup aimé ma lecture. La plume de l'auteur est fluide et simple, mais surtout entraînante. Les pages se tournent avec facilité, on a toujours cette envie d'avancer et de suivre les aventures de la jeune sorcière. L'histoire a ce coté "positif malgré les épreuves" que j'aime bien, avec aussi cette quête de confiance en soi et surtout, de courage et de dépassement. Arianwyn est un personnage fort attachant de part son caractère, elle a ses doutes, autant au niveau humain que sur ses capacités, mais elle arrive à se reprendre et à aller de l'avant.

James Nicol nous livre ici une aventure jeunesse pétillante et extrêmement prometteuse. Apprentie sorcière possède tous les ingrédients pour devenir une très bonne série et fera passer un excellent moment à tout lecteur qui s'aventurera parmi ses pages. La suite sort en 2018 et je me réjouis d'avance.